S’installer en libéral, c’est gagner en liberté, mais aussi perdre la protection automatique du salariat. Pour un médecin, la question de l’arrêt de travail se pose dès l’installation : qui paie si l’on ne peut plus consulter pendant trois mois, un an, ou plus ? La réponse est partagée entre l’Assurance maladie, la CARMF et, surtout, le contrat de prévoyance que l’on choisit.
Du 4e au 90e jour : l’Assurance maladie
Depuis 2021, les médecins libéraux perçoivent des indemnités journalières de l’Assurance maladie pendant les 90 premiers jours d’arrêt. Elles démarrent au 4e jour et correspondent à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, soit environ la moitié du revenu, dans la limite de 197,51 € par jour en 2026 (environ 6 000 € par mois). Un médecin qui déclare 150 000 € par an ne touche donc qu’environ 6 000 € par mois, alors que ses charges de cabinet continuent de courir.
À partir du 91e jour : la CARMF
La CARMF prend le relais du 91e jour jusqu’à trois ans d’arrêt. Son indemnité dépend des revenus de l’avant-dernière année : de 65,84 € par jour pour les revenus les plus faibles à 197,51 € par jour au maximum. Les jeunes installés sont les plus exposés : leurs premiers revenus libéraux, souvent modestes, servent de base au calcul.
L’invalidité : le vrai trou dans la raquette
La CARMF ne verse de pension d’invalidité qu’en cas d’incapacité totale et définitive d’exercer la médecine. Il n’existe pas d’invalidité partielle : un médecin qui ne peut plus pratiquer qu’à mi-temps, ou plus du tout certains actes, ne reçoit rien du régime obligatoire. C’est la garantie la plus importante à vérifier dans un contrat de prévoyance, en regardant à partir de quel taux d’invalidité la rente se déclenche et si ce taux est apprécié par rapport à la profession de médecin.
Les frais du cabinet
Loyer, secrétariat, logiciel, remboursement d’emprunt d’installation : ces charges ne s’arrêtent pas pendant l’arrêt. Une garantie « frais professionnels » peut les prendre en charge, séparément des indemnités qui remplacent le revenu personnel.
Quand souscrire ?
Le plus tôt possible : le prix dépend de l’âge et de l’état de santé à la souscription, et un contrat pris jeune reste en général plus avantageux. Pour aller plus loin, ce guide sur la prévoyance du médecin libéral compare les garanties à regarder et les écarts de prix entre contrats.



